Compte-rendu de la conférence de Naoki Urasawa à Japan Expo 2012

Le samedi 7 juillet 2012, Naoki Urasawa tenait une conférence publique sur la scène principale de Japan Expo. Cet événement était l'occasion de découvrir des anecdotes sur l'enfance de l'auteur et les coulisses de création de certaines de ses oeuvres cultes (Monster et 20th Century Boys). Pendant presque une heure et demie, le mangaka a également fait montre de ses talents de musicien et de dessinateur devant une salle comble... et conquise.

[À lire également : « Sur les pas de Naoki Urasawa à Japan Expo », un compte-rendu original des quatre jours de présence du mangaka en France]

Début de la conférence

[Naoki Urasawa arrive sur scène et dit « bonjour » en français, sous une salve d'applaudissements du public]

Stéphane Beaujean : J'aimerais une preuve que vous êtes bien Naoki Urasawa. Pouvez-vous nous le prouver?

[Naoki Urasawa commence à dessiner Kenji]



Stéphane Beaujean : Alors M. Naoki Urasawa, on va commencer par un petit peu de biographie. Vous vous décririez comment étant enfant? Quel rapport aviez-vous avec la bande-dessinée?

Naoki Urasawa : J'étais un enfant un petit peu tordu.

Stéphane Beaujean : Tordu comment?

Naoki Urasawa : Quand j'étais enfant, il y a une petite histoire marrante. Il y avait un garçon de ma classe qui avait écrit en expression écrite une histoire sur une famille qui est extrêmement heureuse. J'avais à peu près dix ans. Et à l'époque, le professeur lui avait fait énormément de compliments sur son histoire et moi je me disais « Non ce n'est pas possible, c'est une histoire complètement fausse ». Par la suite j'ai écrit une histoire d'une famille qui devient extrêmement malheureuse... Et à ce moment là je me suis fait complètement engueuler par le prof.

Stéphane Beaujean : Vous avez dessiné très très tôt. Qu'est-ce que ça constitue pour vous le dessin, dans la vie privée, hors du manga?

Naoki Urasawa : Des premiers souvenirs que j'ai, dès l'âge de quatre ans, je faisais des dessins en imitant Tezuka. J'ai fait du sport, de la course, de la musique, mais même si je rentrais extrêmement fatigué à la maison, j'avais toujours un moment où je faisais du dessin et des manga. Je me suis dit qu'il y aurait forcément où j'arrêterai de faire du manga mais finalement j'ai toujours continué et maintenant je me dis que c'est un petit peu comme manger.

Stéphane Beaujean : Alors je ne sais pas si pour vous ça a fonctionné comme ça mais est-ce que vous avez un souvenir très fort du premier manga qui vous a marqué, du premier grand moment émouvant pour vous en tant qu'enfant? Et si vous vous souvenez du moment, après toutes ces années, où vous vous êtes dit « ouais, je vais devenir mangaka, je vais tenter le coup »? Je voudrais que vous nous parliez de ces deux moments si vous les avez connus.

Naoki Urasawa : Oui, il y a eu une période comme ça. Quand j'avais treize ans, un jour j'ai acheté tous les tomes de Phénix de M. Tezuka, et dans le engawa (couloir de maison traditionnelle japonaise qui donne directement sur le jardin) j'ai pris tous les volumes et je les ai lus. J'ai été tellement choqué, j'ai eu la tête tellement vide, que quand j'ai repris conscience c'était déjà la nuit. C'était tellement fort que je n'ai pas vu le temps passer. Et depuis cette époque le sentiment que j'ai envers le manga n'a pas changé, même pas d'un poil, jusqu'à aujourd'hui.

Stéphane Beaujean :
J'ai entendu dire qu'effectivement le manga avait eu beaucoup d'influence sur l'homme que vous étiez devenu. Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment ça a changé votre rapport au monde?

Naoki Urasawa :
C'est difficile de dire que le manga m'a changé parce que j'ai toujours vécu avec le manga. Mais c'est vrai que l'apprentissage des valeurs des choses m'a vraiment été transmis par le manga.

Stéphane Beaujean : Quand est-ce que vous avez su que vous deviendriez mangaka?

Naoki Urasawa :
Les manga que j'aimais quand j'étais enfant n'étaient que des manga qui ne se vendaient absolument pas. C'est vrai que je me suis dit que si je devenais mangaka un jour, je ne ferais que des manga qui n'allaient pas du tout se vendre et qui n'allaient pas plaire à tout le monde. Donc j'avais une énorme hésitation de me dire « je vais énormément souffrir, je ne vais pas pouvoir manger... ». Mais bon, j'avais quand même un grand stock de manga que j'avais déjà dessiné au fil des années, et à la base je voulais devenir éditeur. Et quand je suis allé passer un entretien dans l'édition [note : chez Shôgakukan] j'ai quand même ramené tout mon stock de manga réalisés au fil des années. En lisant un des manga de ce stock, quelqu'un [de Shôgakukan] m'a conseillé de participer à un concours et ce manga [note : Return] a eu un prix [note : celui du meilleur jeune mangaka de 1982]. Je me suis un peu demandé ce que je pouvais faire, je me suis dit « bon, pourquoi pas tenter un an... » et ça fait trente ans. [rires d'Urasawa et du public]

Stéphane Beaujean : En dehors de la bande-dessinée, quelles sont les choses qui vous influençaient adolescent et jeune adulte, jusqu'à la fin du lycée?

Naoki Urasawa : En même temps que j'adorais le manga, j'ai toujours été extrêmement passionné par la musique, celle que j'entends à la radio, à la télé. Quand j'avais à peu près quinze ans, j'ai découvert l'existence de Bob Dylan. La première fois que je l'ai entendu, c'est comme si la foudre m'était tombée dessus et depuis j'écoute toujours Bob Dylan.

Stéphane Beaujean : On va peut-être justement vous écouter chanter Bob Dylan?

[Rires du public et grand sourire d'Urasawa, qui se lève et s'avance sur la scène pour jouer un morceau]

Naoki Urasawa : Ça prend un tournant complètement inattendu (rires). Je pensais bien que ça allait devenir comme ça. En fait, ce n'est qu'il y a quelques minutes qu'on s'est dit « ouais, pourquoi pas, on pourrait faire un truc dans ce genre ». Ce que je vais jouer maintenant c'est un morceau de Bob Dylan, North Country Girl, et actuellement je joue ce morceau avec les paroles en japonais quand je fais des concerts.

[Naoki Urasawa interprète le morceau en japonais]




Stéphane Beaujean : On va passer maintenant à votre oeuvre. En France, nous sommes peu nombreux à vous avoir connu avec Pineapple Army. Mais la vraie rencontre, je pense, pour les français, ça a été Monster [applaudissements], j'ai dit Monster! [double salve d'applaudissements]. J'aimerais bien voir le docteur Tenma.

[Urasawa commence à dessiner le personnage]



Stéphane Beaujean : Alors c'est vrai que Monster dans votre carrière c'est une oeuvre différente quand elle arrive. Pouvez-vous nous dire quelle est l'idée à l'origine de Monster? Et comment vous, vous voyez ce tournant dans votre carrière?

Naoki Urasawa : Au début, quand je dessinais Monster, à l'intérieur de moi, il y avait vraiment quelque chose qui... en fait, c'est tout ce qui est séries venant de l'étranger. Les séries américaines qui étaient diffusées au Japon faisaient partie de mon enfance. Par exemple, Le Fugitif. Les séries plutôt thriller n'ont pas énormément de succès au Japon. Mais ça faisait vraiment partie de ma vie, et après avoir dessiné et travaillé pendant dix ans sur des oeuvres qui ont eu énormément de succès au Japon, comme Yawara! et Happy!, j'ai enfin pu dessiner ce que je voulais vraiment dessiner à la base.

Stéphane Beaujean : Comment vous est venue cette idée d'un médecin qui allait sauver un enfant et le payer tout le reste de sa vie? C'est un peu le motif de tous vos personnages, qui font quelque chose d'un peu de gentil ou qui font quelque chose sans s'en rendre compte, puis cet acte les poursuit tout le temps, et ils vont chercher à le réparer pendant vingt tomes?

Naoki Urasawa : Hé bien, cette histoire est tellement intéressante que je pourrais y passer deux heures. Mais si je résume un petit peu... L'histoire du Fugitif, c'est celle d'un médecin dont la femme s'est fait tuer, et dont il va essayer de trouver l'assassin alors qu'il est lui-même accusé de ce crime. Je pensais que c'était une histoire formidable, extrêmement intéressante, qu'il n'était pas possible d'avoir une histoire plus intéressante que celle-ci. Le fugitif ne peut pas être autre chose qu'un médecin, j'ai un petit peu réfléchi en me demandant quel autre métier pouvait être intéressant pour un personnage qui fuit et essaye de trouver l'assassin mais je ne voyais pas d'autre métier que médecin.

À un moment j'ai un petit peu arrêté de réfléchir sur cette histoire. Et après avoir abandonné mes réflexions, j'ai un petit peu... j'aime beaucoup le personnage de Frankenstein et je me suis demandé si je ne pouvais pas créer une histoire, un personnage, un monstre, avec un Frankenstein. Après en être arrivé jusque là, j'imagine que les personnes qui ont lu Monster ont une petite idée : si un neurologue extraordinaire arrive à sauver un enfant, et que cet enfant, plus tard, devient un tueur un série, c'est un petit peu comme l'histoire de Frankenstein. Et si ce médecin poursuit ce Frankenstein, et qu'il essaye de payer le fait de l'avoir sauvé, ça fait une boucle qui rejoint l'histoire du Fugitif. Une fois que cette idée de base s'est bien ancrée dans ma tête, que je me suis dit « cette histoire est vraiment incroyable et formidable, il faut vraiment que je fasse très attention pour en faire une histoire extrêmement intéressante », avec M. Takashi Nagasaki, on a eu beaucoup de discussions, de réunions, ce qui a abouti à Monster.


Stéphane Beaujean : Une question qui revient souvent quand on parle de Monster, je pense que c'est une question qu'on vous a posée souvent, je ne sais pas si vous avez une réponse à nous donner... c'est : « pourquoi l'Allemagne? » Et pourquoi l'Allemagne d'avant et après le Mur? Comme si vous aviez besoin de témoigner... surtout que l'Allemagne est un pays qui revient plusieurs fois dans votre oeuvre, les gens se posent la question.

Naoki Urasawa : Simplement, déjà, quand on parle de médecine au Japon, l'idée se lie automatiquement à l'Allemagne. Les mots médicaux sont souvent en allemand, donc le fait de parler de médecine fait automatiquement penser à l'Allemagne. Et puis cette séparation Est-Ouest jusqu'en 1989 représente un peu un côté obscur, sombre en Europe, qui parait d'un côté mystérieux mais aussi romantique. Je me suis dit qu'il y avait peut-être quelque chose d'intéressant à explorer dans ce côté sombre et obscur.

Stéphane Beaujean : Merci beaucoup. Vous [le public] pourrez poser vos questions plus tard, je vais directement passer à l'oeuvre suivante, qui est... 20th Century Boys [applaudissements nourris du public]. Alors, 20th Century Boys, je vais vous poser un peu la même question, si ce n'est qu'elle a quelque chose d'un peu particulier : beaucoup de lecteurs ont envie d'y voir un peu de votre enfance, parce que c'est peut-être le seul manga dans lequel vous parlez d'une période que vous avez vraiment traversée au même âge que les héros. Alors j'aimerais savoir quelle était l'idée derrière 20th Century Boys et qu'est-ce que vous avez glissé de personnel dans cette oeuvre qui parlait vraiment de quelque chose que vous avez connu?

Naoki Urasawa : Si je commence à en parler ça va encore durer deux heures... (rires) Je vais d'abord vous parler de la première idée dans 20th Century Boys. Après avoir fini le dernier chapitre d'Happy!, on s'est réunis avec le staff pour trinquer. La série a duré environ six ans, à un rythme de parution hebdomadaire. Et dès que j'ai fini Happy!, je me suis dit « Plus jamais je ne fais une oeuvre dont les épisodes se succèdent chaque semaine ». Après avoir trinqué avec le staff, je suis rentré chez moi et j'ai pris un bain. Quand j'étais posé tranquillement, relaxé, dans mon bain, une image m'est apparue brusquement dans la tête : celle de l'ONU, où quelqu'un s'exclame « S'il n'y avait pas eu ces gens-là, le XXIème siècle ne serait jamais arrivé! » et la musique de T-Rex arrive derrière. À ce moment là, le titre de 20th Century Boy, le morceau, est apparu dans ma tête et c'est là que je me suis souvenu qu'une fois, au collège, j'ai passé le vinyl de 20th Century Boy pendant la pause déjeuner et personne n'a vraiment écouté. Tout ça a abouti à l'introduction du premier chapitre de 20th Century Boys.

À ce moment là je ne savais pas contre quoi ils [« ces gens-là »] s'étaient battus pour pouvoir arriver au XXIème siècle. Et c'est là que j'ai demandé des conseils à Takashi Nagasaki. Il m'a donné une réponse : « Bah, évidemment, c'est une secte! » et j'étais super surpris. Mais surpris positivement : je me suis dit que ça valait le coup d'essayer. Je lui ai demandé une semaine de réflexion, et après celle-ci, j'ai eu une autre idée : que le gourou de cette secte s'appelerait « Tomodachi » (Ami en français). Quand j'ai raconté cette histoire à M. Nagasaki, il m'a dit « Ça va être un énorme succès et une oeuvre incroyable ».

Stéphane Beaujean : Plutôt que de vous poser une autre question sur 20th Century Boys, peut-être voudriez-vous nous jouer un petit morceau?

Naoki Urasawa : Normalement, ce qui était prévu, c'était que je le fasse demain, mais... Demain je vais le faire avec un groupe, donc là je vais le jouer seul.

[Urasawa se lève et se prépare à jouer pendant qu'on installe le nécessaire sur scène]

Qui connaît Kenji? [réaction du public] Il y a une chanson que Kenji a écrite en l'an 2000, pour le nouvel an, est-ce que vous connaissez? [réaction du public] Est-ce que quelqu'un connaît la fin du morceau, quel tournant ça prend? [réaction sceptique du public ; Urasawa commence à jouer et chanter les « gu ta la, su da la » finaux, le public réagit un peu plus] Vous connaissez? [On entend des « Oui! » dans la salle] Si vous connaissez, vous chantez avec moi vers la fin hein!

[Urasawa commence à jouer]



Stéphane Beaujean : On va passer aux questions du public.

Membre du public N°1 :
Bonsoir. Alors... La France vous aime, le public français est génial, la nourriture française est géniale : quand est-ce que vous venez vous installer chez nous définitivement?

Naoki Urasawa : (éclat de rire) Le plus vite possible.

Membre du public N°2 : Votre mode de narration est quelque chose de formidable, vous vous intéressez à chaque fois à des personnages différents et on rentre dans l'histoire à travers ces personnages. Ma question, finalement, c'est : est-ce que vous avez beaucoup d'amis, de personnages autour de vous qui pourraient expliquer ces regards différents que vous appliquez comme ça?

Naoki Urasawa : Oui, peut-être. Et puis j'imagine, comme moi, autour de vous vous avez peut-être des personnes étranges qui vous entourent et ce sont elles qui font que la vie est intéressante.

Membre du public N°3 :
Bonjour. Moi, ma question portait plutôt sur votre dessin, parce qu'hormis des scénarios à couper le souffle, vous avez vraiment un trait particulier, reconnaissable au premier coup d'oeil et je voudrais savoir justement ce qui vous inspire dans votre dessin, d'où vient ce trait très abouti et votre style en fait?

Naoki Urasawa : Après l'âge de dix-neuf ans, j'ai découvert les oeuvres de M. Moebius. Et évidemment Phénix de M. Tezuka a eu une grande influence sur ma vie, mais la découverte des oeuvres de M. Moebius a aussi été un très grand moment pour moi.

Membre du public N°4 : D'abord, bonjour, M. Urasawa. Alors moi j'ai une question à vous poser sur vos oeuvres parues en France, que ce soit Monster, Pluto, 20th Century Boys ou Billy Bat, on a l'impression que les hommes sont complètement dominés par les femmes, notamment avec Happy! où [Keïchiro Ohtori] est complètement soumis. Est-ce que vous avez une explication par rapport à ça, sachant qu'au Japon le système est complètement différent?

Naoki Urasawa : (éclat de rire) Je pense que moi, personnellement, j'aime les femmes qui sont fortes (rires).

Stéphane Beaujean :
Encore deux questions et ensuite il sera temps de passer au dessin.

Membre du public N°5 :
M. Urasawa, bonjour et merci. Je voulais vous poser comme question : parmi tous les personnages que vous avez dessinés, quel est celui que vous auriez aimé être?

Naoki Urasawa :
(rires) Hum... ça doit être... personne. (rires) Mais tous les personnages qui apparaissent dans mes oeuvres sont tous moi, finalement.

Membre du public N°6 :
Bonjour M. Urasawa, je voudrais savoir si... en fait c'est par rapport à deux manga que j'ai particulièrement lus, 20th Century Boys et Monster : vos fins sont toujours ambigües et il n'y a pas d'explication. Comment vous pouvez justifier ça?

Naoki Urasawa :
Dans Pineapple Army ou Master Keaton, j'écrivais des histoires dans lesquelles il y avait une fin à chaque épisode. J'ai écrit plus de deux-cent ou trois-cent épisodes pour lesquels on trouve à chaque fois une marque de fin. Et en dessinant, je me disais « une fin si propre, est-ce que c'est réel? Est-ce que ça parait possible? ». Par la suite, j'ai réfléchi et après avoir fait des fins qui étaient trop surfaites, je me suis posé la question de ce que pouvait être une vraie façon de terminer une histoire, et 20th Century Boys ou Monster sont des oeuvres qui ont été écrites sur une durée d'à peu près sept ans, et je me suis dit qu'une vraie manière de finir ce serait de la finir avec les lecteurs, en conversant finalement avec le lecteur.

Je pense qu'un bon manga se crée grâce à un bon lecteur, quelqu'un qui sait lire le manga correctement, avec les bonnes intonations, et je vous remercie d'avoir été ces bons lecteurs. [applaudissements du public]

Stéphane Beaujean : Il est maintenant temps de finir cette discussion et de passer à une partie d'autant plus réjouissante, qui va être le dessin public sur ce magnifique tableau qui est derrière nous. Il y a beaucoup d'espace, une demi-heure ne va peut-être pas suffire pour tout remplir. [Sourire d'Urasawa à cette réplique] Merci beaucoup M. Urasawa de vous être prêté au jeu des questions-réponses avec nous aujourd'hui. Merci beaucoup. [applaudissements nourris du public]

Naoki Urasawa : Je suis extrêmement heureux et très ému d'être entouré par cette chaleur et cet amour que vous me donnez. Depuis hier je suis constamment ému. [Standing ovation du public]

[Naoki Urasawa commence à dessiner sur le grand tableau]



Alexis Orsini




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Frise chronologique de Billy Bat




Naoki Urasawa - L'air du temps
Une monographie disponible aux Moutons électriques






Master Keaton - Tome 2
Le 24 mai 2013 chez Kana




Billy Bat - Tome 7
Le 12 juin 2013 chez Pika



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