Tome 11 : L'angle mort

 

 

Chapitres

# 1 : Deux obscurités
#2 : L'image du monstre
#3 : Playback
#4 : Intersection
#5 : L'angle mort
#6 : Les souvenirs de « Magnificient Steiner »
#7 : Souvenirs de chocolat
#8 : La porte du cauchemar
#9 : La chose la plus effrayante

Tenma interroge un voisin qui habite près de l'enseigne des trois grenouilles et apprend que la femme qui habitait là dix ans plus tôt a disparu un beau jour, après être montée dans une voiture noire en compagnie de son enfant. Peu après leur départ, leur appartement prit feu. L'enfant se serait trouvé à l'intérieur pendant l'incendie, même si certains l'avaient vu monter dans la voiture... Mystérieusement sauvé des flammes, le miraculé avait ensuite disparu. Tenma en déduit que la femme avait des jumeaux, dont l'un avait été enlevé avec elle et l'autre laissé à l'appartement.

Yan Suk continue de se confier à la jeune femme blonde qui l'a charmé. Il lui parle même de la clé du coffre de banque que Grimmer lui a remis. La jeune fille lui demande de n'en parler à personne car elle s'inquiète pour lui. Suk tente de l'embrasser mais se fait recaler, avant que la fille lui révèle enfin son nom : Anna Liebert... Elle rentre ensuite chez elle, salue tous ses voisins sur le chemin, et alors qu'elle se passe de l'eau sur le visage dans sa salle de bains, elle enlève sa perruque et l'on découvre que la prétendue Anna n'était autre que Johann, travesti en femme... et portrait craché de sa soeur jumelle.



Le commissariat où travaille Suk est en pleine effervescence : le nouveau chef promet de retrouver les coupables et de veiller à ce que de telles affaires de corruption ne se reproduisent plus. Il informe également ses hommes que cinq membres de la commission spéciale d'enquête de la préfecture ont été envoyés pour résoudre cette affaire. Il leur demande en privé de surveiller Suk, qui lui apparaît comme suspect car il a découvert qui étaient les policiers corrompus.

De son côté, Suk retrouve Grimmer dans un café , où ils se sentent surveillés par un homme à lunettes louche. Ils se mettent ensuite en route vers la banque où se trouve la fameuse cassette. En se levant, Grimmer a l'impression d'être observé par la mystérieuse jeune femme tueuse qu'il a aperçue auparavant avant de s'évanouir, sans pour autant parvenir à la retrouver parmi les gens qui l'entourent. En réalité, Johann l'observe d'une table avoisinante...

À la banque, Suk et Grimmer ouvrent le coffre et récupèrent la cassette, puis commencent à l'écouter sur un magnétophone portable. Le duo entend alors un jeune garçon du nom de Johann répondre à des questions sordides, comme « As-tu déjà tué quelqu'un? ». L'interrogatoire est enregistré au 511 Kinderheim et le garçon tient souvent des propos incohérents, sous l'effet de la drogue. Grimmer ne supporte pas d'entendre le garçon parler de « monstre » ou encore s'écrier « crunch! miam! crac! plop! » : c'est pourquoi il interrompt l'écoute de la cassette, pris de nausées.

Les deux hommes, sans avoir compris le sens véritable de la cassette, sont toutefois bien conscients qu'elle est très précieuse ; ils décident donc de se séparer en quittant la banque. Suk garde la cassette en sa possession. Arrivé chez lui, il constate que les inspecteurs de la commission d'enquête l'ont devancé. Ils lui font reconnaitre qu'il vient de rencontrer Grimmer, qui est recherché comme suspect principal, et lui demandent s'il connaît un certain Karl Ranke, ex-colonel du STB. Ils font comprendre à Suk qu'ils le soupçonnent, d'autant qu'il a reçu des virements bancaires conséquents sur son compte ces derniers mois... Suk les autorise à fouiller son appartement car il estime n'avoir rien à cacher.

Malheureusement pour lui, les inspecteurs découvrent un paquet de bonbons au whisky entamé et une fiole louche contenant sans doute du poison. Inquiété par ces découvertes absurdes, Suk obtient l'autorisation d'aller changer de chemise dans sa chambre. Pendant ce laps de temps, durant lequel il essaye de se calmer, la jeune femme blonde pénètre dans l'appartement et assassine les deux inspecteurs de sang-froid. En quittant les lieux, elle croise Grimmer, pétrifié, dans l'escalier, qui venait rendre visite à Suk parce qu'il s'inquiétait pour lui. Arrivé dans l'appartement, Grimmer découvre un Suk tétanisé, au côté des cadavres des deux inspecteurs...

La presse nationale titre donc le lendemain sur le fugitif Suk et sur ses crimes horribles perpétrés au sein de la police tchèque. Tenma, qui consulte à ce moment là les archives d'un journal, apprend la nouvelle et réalise que Johann est impliqué lorsqu'il découvre que les circonstances de l'affaire sont identiques à celle qui avait fait de lui un fugitif : un jeune inspecteur promis à un brillant avenir, des bonbons empoisonnés, une fuite...

Après s'être renseigné, il rend visite à la mère de Yan Suk, hospitalisée. Il se rend vite compte qu'elle souffre de troubles de la mémoire. Elle le prend notamment pour son fils. et lui parle d'un lieu où se rendait toujours Yan pour se cacher lorsqu'il était enfant, un bâtiment désaffecté. Tenma se rend à cette adresse afin de trouver Suk. Après son départ, la vieille dame écoute sur son lecteur une cassette racontant les histoires d'un « monstre sans nom »...

Dans le bâtiment désaffecté de la rue Bruno, Grimmer et Suk espèrent que personne ne trouvera la cassette qu'ils ont envoyée à la mère du jeune inspecteur. Ce dernier s'inquiète de son avenir et se révolte contre l'injustice dont il est victime. Grimmer essaye de le raisonner, non sans l'informer que Tenma est dans la même situation que lui et qu'il est en cavale depuis des années... Alors que les deux hommes s'apprêtent à déjeuner, Suk, posté près d'une fenêtre, se prend une balle dans l'épaule. Paniqué, Grimmer réalise que la pièce où ils se trouvent est encerclée. Il verrouille la porte d'entrée avec un meuble mais Suk se trouve ainsi exposé au milieu de la pièce et les balles fusent par la fenêtre, blessant l'inspecteur différentes parties du corps de l'inspecteur, sans pour autant toucher de points vitaux. S'ensuivent de longues minutes de panique pour Grimmer, qui ne peut rien faire pour Suk, blessé, qui est en train de se vider de son sang au mileu de la pièce ; Grimmer s'apprête à devenir Magnificient Steiner malgré lui puisqu'il est en danger...

Dans l'immeuble d'en face, Tenma neutralise l'homme avec la carabine de précision qui a pris soin d'épargner les points vitaux de Suk tout en le canardant. Il se rend ensuite dans l'immeuble où est réfugié l'inspecteur et découvre qu'il est blessé mais encore en vie, à l'instar de Grimmer, qui a littéralement massacré ses assaillants, comme en témoignent leurs visages déformés et ses mains pleines de sang. Alors que Tenma soigne Suk et ses assaillants, Grimmer lui révèle qu'il a grandi au 511 Kinderheim.



Grimmer n'a que très peu de souvenirs de son enfance, il se rappelle juste du dessin animé Magnificient Steiner diffusé dans les années 1960 ; il est rentré à l'orphelinat vers l'âge de sept ans et en est sorti à quatorze ans. C'est à ce moment là qu'on lui a donné le nom de Wolfgang Grimmer et qu'on lui a fait suivre une formation d'espion.

Tenma et Grimmer appellent une ambulance avant de quitter les lieux. Ils parviennent à retrouver, grâce aux informations télévisées, l'hôpital où Suk a été emmené mais découvrent sur place qu'il n'a jamais été admis dans l'hôpital et que seuls ses six assaillants (présentés comme des sans-abri qui se sont disputés violemment) ont été admis avant d'être transférés dans un autre établissement.

Intrigués, Grimmer et Tenma (qui vient d'apprendre par Wolfgang l'existence de la cassette, ainsi que son contenu) sont alors invités par un homme à lunettes (celui qui surveillait Grimmer précédemment) à les suivre. De son côté, Anna est arrivée à Prague avec Dieter, et elle cherche à comprendre pourquoi tous les habitants d'un quartier la saluent et la connaissent, alors qu'elle ne les a jamais vus...

Tenma et Grimmer sont conduits auprès du colonel Karl Ranke, ex-gros bonnet de la police secrète tchécoslovaque. Le colonel leur explique qu'ils sont victimes d'une méprise car l'ex-STB n'a jamais tué personne dans cette affaire. Il explique être à la recherche de la cassette car un ami allemand à lui veut la récupérer. Il aurait dû la récupérer par Pedroff, mais sa mort prématurée a tout changé. Ranke propose donc à ses deux invités d'échanger la cassette et les documents qui vont avec contre Suk, soigné dans un des hôpitaux privés de l'organisation.

En apprenant que Grimmer a été élevé au 511 Kinderheim, Ranke lui montre une photo de son neveu, qu'il avait lui même envoyé là bas à la même époque car l'établissement avait la réputation d'être l'endroit parfait pour former la relève du communisme. Grimmer explique qu'il ne se souvient pas de ce garçon et que les traitements infligés aux pensionnaires leur faisaient perdre la mémoire petit à petit. Mais alors qu'il quitte le restaurant avec Tenma, après avoir avoir obtenu un délai de réponse de Ranke, Grimmer se remémore le jeune garçon et fait part de ses bribes de souvenirs à Ranke : son neveu adorait le chocolat et rêvait de devenir entomologiste. Il s'appelait Adolf Reinhart. Ranke affirme qu'il s'agit bien de son neveu et laisse son émotion le trahir un court instant.

Le lendemain, alors qu'Anna et Dieter inspectent la maison des trois grenouilles qu'ils viennent de localiser, et que des souvenirs confus assaillent la jeune femme, Tenma et Grimmer rencontrent de nouveau Ranke. Tenma finit par lui raconter - ainsi qu'à Grimmer - tout le parcours de Johann depuis son apparition à l'hôpital Eisler en 1986.

Tenma cherche ensuite à savoir ce qui est arrivé à Johann après qu'il ait été enlevé aux trois grenouilles quinze ans plus tôt mais Ranke affirme ne rien savoir ; il précise que malgré sa position il ne savait rien des affaires liées à un certain « capitaine » au pseudonyme de Franz Bonaparta, « l'homme à la villa des roses ». C'est cet homme, écrivain de livres pour enfants (et auteur du fameux Monstre sans nom), qui était lié à l'enlèvement des trois grenouilles. Cet enlèvement commence d'ailleurs à émerger dans les souvenirs d'Anna, qui ne comprend cependant pas comment elle a pu attendre son frère dans l'entrée de l'appartement, un livre d'images à la main, et se retrouver face à face avec elle-même une fois que l'enfant enlevé était de retour aux trois grenouilles...

Alors que Ranke, Grimmer et Tenma sont en route vers l'hôpital où se trouve la mère de Suk, après qu'ils aient accepté de faire entendre la cassette à Ranke dans un cadre personnel et non d'échange, Johann, déguisé en Anna, est justement en train de quitter l'hôpital, où il vient de rencontrer la mère de Suk et d' écouter la cassette.

La mère de Suk accueille les trois hommes dans un état de parfaite lucidité ; la « jeune fille » qui vient de lui rendre visite lui a fait retrouver ses moyens provisoirement. Conscients que Johann les a précédés, les trois hommes accèdent à la requête de la dame âgée et la mènent à l'hôpital où est soigné son fils. Au chevet de Yan, elle se met à pleurer en priant pour que sa maladie ne lui fasse plus jamais oublier son fils.

Ranke, Tenma et Grimmer peuvent enfin écouter la cassette. Après avoir appris, en l'écoutant, que la plus grande peur de Johann était «
d'oublier Anna », ils entendent la voix de ce dernier, adulte, s'adresser au docteur Tenma. Le jeune homme a ré-enregistré sa voix par dessus l'enregistrement précédent et explique qu'il ne pouvait pas en laisser entendre plus au japonais. Il l'informe néanmoins que la cassette lui a permis de comprendre où il devait « aller ». L'enregistrement audio s'achève sur cette déclaration pour le moins énigmatique...



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