#30885 par 14thgunner
13 janv. 2013, 14:44
Drucci a écrit :Je suis d'accord avec toi là-dessus, encore que certains éléments soient vraiment critiquables en tant que tels vu qu'ils n'appellent pas de suite (l'intrigue du village raciste servira peut-être par la suite mais, en soi, la résolution bidon ne devrait pas connaître de suite : c'est une solution scénaristique trop facile qui est à prendre pour ce qu'elle est).


C'est clair qu'en l'état c'est complètement bidon. C'est pour ça que je pense que ça va amener autre chose. Je me trompe peut-être, mais c'est juste pour dire qu'on ne peut pas tellement juger des éléments scénaristiques qui vont peut-être être modifiés par la suite!
#30886 par Raimaru
13 janv. 2013, 15:49
14thgunner a écrit :
Drucci a écrit :Je suis d'accord avec toi là-dessus, encore que certains éléments soient vraiment critiquables en tant que tels vu qu'ils n'appellent pas de suite (l'intrigue du village raciste servira peut-être par la suite mais, en soi, la résolution bidon ne devrait pas connaître de suite : c'est une solution scénaristique trop facile qui est à prendre pour ce qu'elle est).


C'est clair qu'en l'état c'est complètement bidon. C'est pour ça que je pense que ça va amener autre chose. Je me trompe peut-être, mais c'est juste pour dire qu'on ne peut pas tellement juger des éléments scénaristiques qui vont peut-être être modifiés par la suite!


Spoiler : :
Il est question de Doppelgänger avec Oswald, alors pourquoi pas avec le shérif ?
#30887 par Drucci
13 janv. 2013, 21:44
Spoiler : :
Je crois pas trop en cette histoire de doppelgänger... mais ça fait justement partie des éléments dont parle 14th et qu'on ne peut pas vraiment juger pour l'instant, il faut attendre de connaître la suite!
#30916 par Drucci
23 janv. 2013, 15:02
Image

La création artistique est au coeur de l'intrigue de Billy Bat.

En s'interrogeant sur l'inspiration d'un auteur de bande-dessinée, l'origine de cet élan créatif, ses dérivés, et ses plagiats potentiels, Naoki Urasawa ne pouvait pas occulter l'oeuvre de deux auteurs qu'il admire depuis toujours : Walt Disney et Osamu Tezuka.

Deux monstres sacrés de la bande-dessinée dont les parcours se sont croisés d'une bien curieuse manière...
#31014 par Drucci
05 févr. 2013, 13:00
ImageImage

La création artistique est l'une des thématiques les plus intéressantes de Billy Bat. Elle occupe logiquement une place centrale dans l'intrigue puisque, pour la première fois de sa carrière, Naoki Urasawa met en scène un héros qui exerce le même métier que lui, Kevin Yamagata, auteur de bande-dessinée.

Ce qui explique que Billy Bat accorde une telle importance à la nature même de son support : la bande-dessinée, sur laquelle Urasawa nous livre une réflexion captivante à travers tout un jeu de répétitions scéniques.

Explications et analyse dans ce nouveau dossier!
#31015 par 14thgunner
05 févr. 2013, 15:19
Énorme article, passionnant comme d'habitude!!!

Bravo encore, ton travail est excellent!!!!
#31204 par Drucci
28 févr. 2013, 20:06
Image

Dans Billy Bat, Naoki Urasawa ne fait pas seulement montre d'une ambition scénaristique démesurée.

Le mangaka se livre aussi à un jonglage constant entre des styles graphiques très différents : celui des comics américains, des mangas des années 1940... Les habitués de l'auteur auront par ailleurs remarqué que son trait réaliste caractéristique n'est pas exactement le même que sur ses oeuvres les plus récentes. Autant de variations graphiques qui méritent qu'on s'y attarde car elles prouvent que le dessin est un véritable moteur scénaristique dans Billy Bat. Explications dans ce dossier!
#31206 par Raimaru
28 févr. 2013, 20:31
Très intéressant, comme d'hab :napo:

Par contre, Kevin devient "fragile" à cause des visions de la chauve-série, mais comme Tenma dans Monster, il est improbable que ce soit le fruit de son imagination. Il n'est pas fou, puisque d'autres personnages ont des visions de la chauve-souris. Cette (fabuleuse) expression témoigne plus d'une très grande lassitude et d'une fatigue mentale qui mènent à l'énervement.

Et quand j'entends qu'Urasawa n'est pas un bon dessinateur... Je l'ai même entendu de la bouche de personnes d'ordinaire très intelligentes.

En toute honnêteté, dans le domaine du manga, c'est de loin mon préféré, de très loin devant les autres.
#31210 par Arale
01 mars 2013, 00:03
Article très prenant :)
Là encore, le dessin se révèle aussi lourd de sens que les dialogues. Urasawa appuie en effet la piste d'une folie du héros par sa propre plume, notamment lors du « face-à-face » mémorable entre Kevin et Smith. Une scène qui met l'accent sur l'expression de Kevin, à la fois défiant et vexé, dont le regard pourrait presque traduire de la folie.

Y a pas longtemps, sur mon topic de présentation, tu me disais que t'avais trouvé le passage de Slam Dunk sans dialogue comme étant la plus grande démonstration graphique/narrative dans un manga. Même si c'est pas des chapitres entier, Urasawa dans Billy Bat atteint également des sommets. Je ne me rappelle pas avoir ressenti de telles sensations dans ses œuvres précédentes.
C'est vraiment un excellent dessinateur :napo:
#31214 par Simulacra
01 mars 2013, 15:37
Raimaru a écrit :Très intéressant, comme d'hab :napo:

Par contre, Kevin devient "fragile" à cause des visions de la chauve-série, mais comme Tenma dans Monster, il est improbable que ce soit le fruit de son imagination. Il n'est pas fou, puisque d'autres personnages ont des visions de la chauve-souris. Cette (fabuleuse) expression témoigne plus d'une très grande lassitude et d'une fatigue mentale qui mènent à l'énervement.

Et quand j'entends qu'Urasawa n'est pas un bon dessinateur... Je l'ai même entendu de la bouche de personnes d'ordinaire très intelligentes.

En toute honnêteté, dans le domaine du manga, c'est de loin mon préféré, de très loin devant les autres.



Choquant ce que tu dis... Urasawa est un des meilleurs niveau dessin : Tous ses personnages sont reconnaissables (on ne confond jamais), et ce même quand ils vieillissent (Urasawa est un des rares à savoir faire vieillir des personnages...)

De plus, c'est un maitre pour dessiner animaux et personnes agées... tu as fait lire Manben à ces personnes "intelligentes" ?


Pour revenir au dossier :

et qui a réussi à franchir un palier graphique important avec Happy! (en apprenant à retranscrire au mieux par sa plume les émotions humaines)


C'est marrant, je pense la même chose... tu fais référence à Choko non ? (où entre le premier tome et les derniers, un véritable bon en avant est visible, surtout sur les expressions de ce personnage...)

Question bis : Pourquoi est ce qu'on a cette sensation de palier franchi avec Happy ! qu'on n'a pas avec Monster, qui date pourtant de la même époque ?
#31221 par Drucci
01 mars 2013, 17:00
Simulacra a écrit :
et qui a réussi à franchir un palier graphique important avec Happy! (en apprenant à retranscrire au mieux par sa plume les émotions humaines)


C'est marrant, je pense la même chose... tu fais référence à Choko non ? (où entre le premier tome et les derniers, un véritable bon en avant est visible, surtout sur les expressions de ce personnage...)



Ouaip, on passe d'une Choko à l'air agacé qui semble en partie comique, à une Choko agacée on ne peut plus sérieuse (et expressive) :

Image

Image

Simulacra a écrit :Question bis : Pourquoi est ce qu'on a cette sensation de palier franchi avec Happy ! qu'on n'a pas avec Monster, qui date pourtant de la même époque ?


Urasawa lui-même considère qu'il a franchi un véritable palier avec Happy!, c'est ce qu'il expliquait dans le reportage de la NHK!

Pour Monster, je trouve qu'on sent quand même nettement la progression graphique. Si tu compares par exemple les dessins de cinq premiers tomes à ceux des tomes 11-12, il y a déjà un gouffre... sans parler des deux derniers tomes où on atteint des sommets!
#31244 par Simulacra
03 mars 2013, 13:26
Le fait est, que sur Monster, si on voit l'évolution (principalement avec johan, complétement raté au début), c'est plus une question d'esthétisme général. Avec Happy, l'évolution semble apporter une autre dimension, celle des sentiments.

Étrangement, je pense qu'il atteint des sommets avec Chocko au niveau de l'expression des sentiments des personnages. Autant de non dit aussi bien exprimé, c'est de l'art. Je n'ai pas l'impression qu'Urasawa ait fait aussi bien, même dans 20th et Pluto (sans doute car ces mangas sont des mangas qui bougent, où on est happé par l'histoire et les évènements... alors que dans Happy...)
#31959 par Drucci
23 avr. 2013, 12:31
Image

Raimaru nous propose de découvrir l'affaire Shimoyama en détails à travers ce dossier :

« L’un des premiers faits historiques évoqué dans Billy Bat est la mort de Sadanori Shimoyama, le patron du chemin de fer japonais, en 1949. Cette affaire, qui a fait beaucoup de bruit dans le Japon d’après-guerre, est connue pour les mystères qui l’entourent. Cependant, ce fait divers est quasiment inconnu en France. Il fait partie des références peu compréhensibles pour un public occidental. Nous vous proposons, dans ce dossier, de vous éclairer sur les faits, puis les thèses de l'affaire Shimoyama pour enfin les relier à leur évocation dans Billy Bat. »
#31960 par Wang Tianjun
23 avr. 2013, 13:20
ça pourrait être le début d'une nouvelle série documentaire : "Apprends l'histoire avec Billy" ! :D

Plus sérieusement, beau boulot Rai. Je regretterai juste une chose : le fait que tu n'aies pas dit que cette affaire avait inspiré d'autres auteurs, Osamu Tezuka en tête avec Ayako. Mais je chipote ^^"
#31968 par effer
23 avr. 2013, 18:32
Drucci a écrit :
Image

Raimaru nous propose de découvrir l'affaire Shimoyama en détails à travers ce dossier :

« L’un des premiers faits historiques évoqué dans Billy Bat est la mort de Sadanori Shimoyama, le patron du chemin de fer japonais, en 1949. Cette affaire, qui a fait beaucoup de bruit dans le Japon d’après-guerre, est connue pour les mystères qui l’entourent. Cependant, ce fait divers est quasiment inconnu en France. Il fait partie des références peu compréhensibles pour un public occidental. Nous vous proposons, dans ce dossier, de vous éclairer sur les faits, puis les thèses de l'affaire Shimoyama pour enfin les relier à leur évocation dans Billy Bat. »

Très bon dossier sur une affaire japonaise mal connue chez nous mais que Urasawa décrit avec beaucoup de minutie et intègre très bien à Billy Bat. :D
#32038 par Raimaru
25 avr. 2013, 19:44
Merci :)

Wang Tianjun a écrit :ça pourrait être le début d'une nouvelle série documentaire : "Apprends l'histoire avec Billy" ! :D

Plus sérieusement, beau boulot Rai. Je regretterai juste une chose : le fait que tu n'aies pas dit que cette affaire avait inspiré d'autres auteurs, Osamu Tezuka en tête avec Ayako. Mais je chipote ^^"


J'ai appris tardivement qu'Ayako en parlait, je l'ai toujours pas lu :nerd:
Du coup, je pourrais voir avec Drucci pour une toute petite modif, mais je ne sais même pas comment en parler, vu que je ne sais pas comment Tezuka a traité le sujet. :|

(Parenthèse HS/flood : je lis Bouddha en ce moment, c'est une tuerie.)
#32043 par Wang Tianjun
25 avr. 2013, 20:19
Quoi, tu n'as pas encore lu Ayako ? (A qui la faute hein ? :D *private joke inside*)

En fait, dans Ayako, l'affaire Shimoyama est surtout présente au début, puisque celui qui nous est présenté comme le héros (mais ça ne dure pas bien longtemps) y prend un rôle prépondérant. Par la suite, l'histoire se concentre surtout sur son intrigue principale de tragique secret familial...


(Quant à Bouddha, j'ai bien aimé aussi, mais il est passé dans mon ordre de lecture après Ayako et les 3 Adolf et... j'ai fini par un peu saturer de Tezuka. En fait, la dramaturgie de ses histoires, qui te met une bonne claque dans la gueule au début, finit par devenir sacrément redondante ^^")
#32048 par Drucci
25 avr. 2013, 21:10
Pas de souci pour une modif', au contraire même, les ajouts et corrections sont toujours les bienvenus!

J'ai lu Ayako il y a très longtemps mais c'est effectivement une référence intéressante parce que l'affaire Shimoyama est centrale au début du manga, comme l'expliquait Wang. D'ailleurs, Urasawa et Nagasaki se sont sans doute basés sur Ayako pour reprendre cette affaire, même si l'influence de Tokyo Year Zero a aussi joué pour baser l'intrigue dans le Japon de 1949.